Conseils pratiques et éléments méthodologiques

Quels enjeux ?
Quels besoins ?
Quels solutions ?

La mobilité en milieu rural et périurbain : Quels besoins ?

Les besoins globalement constatés en zones peu denses

  • Informer les usagers. L'information peut être inexistante ou insuffisante ; il n'existe pas d'information centralisée ; les moyens choisis pour diffuser cette information et la rendre accessible sont peut-être inadaptés…
  • Assurer le rabattement vers les transports existants. En milieu rural et périurbain, une partie des problèmes observés concerne le rabattement sur les lignes de transports publics existantes.
  • Permettre l'accès aux pôles principaux et secondaires.
  • Coordonner transports et services. Les horaires des lignes de transport public ne sont pas toujours coordonnés aux horaires d'ouverture de certains services à la population ou adaptés aux disponibilités des publics cibles, entraînant une moindre efficacité des systèmes de transport.
Des publics aux besoins spécifiques

Certaines personnes, quelles en aient fait le choix ou non, ne disposent pas de véhicule personnel et sont dépendantes des transports publics ou de dispositifs de voisinage.
  • Les jeunes. Si le transport scolaire est bien pris en compte, les besoins de déplacements pour accéder aux loisirs, aux lieux spécifiques de formation ou d'apprentissage sont réels. Il convient de distinguer les enfants des adolescents qui n'utiliseront pas les transports publics de la même manière.
  • Les personnes âgées en perte d'autonomie. Les besoins en déplacement des personnes âgées portent essentiellement sur l'accès aux pôles structurants le territoire, qui concentrent commerces, services de santé, loisirs.
  • Les personnes en situation de handicap. Les besoins de ces usagers varient selon la nature et le degré de leur handicap. Certains ne peuvent pas conduire de véhicule, d'autres ont besoin d'aménagements ou d'équipements spécifiques.
  • Les personnes en situation d'exclusion. Les personnes en situation d'exclusion sont souvent isolées et mal identifiées. Au-delà d'une information adaptée, ce public peut avoir besoin d'un accompagnement spécifique. Le coût des transports constitue en outre une entrave supplémentaire à la mobilité des personnes en situation de précarité.
  • Les personnes en parcours d'insertion professionnelle. Durant leur parcours d'insertion, les demandeurs d'emploi doivent pouvoir accéder aux structures d'accompagnement, se rendre aux formations ainsi qu'aux entretiens d'embauche...
  • Toutes ces catégories de publics ne sont pas homogènes et hermétiques.
Approcher la notion de besoins réels

Les besoins réels sont difficiles à appréhender. On retiendra principalement les besoins diagnostiqués et les besoins ressentis.
Les besoins diagnostiqués sont formulés par des « spécialistes » reconnus pour leurs compétences dans le domaine concerné. Il peut s'agir de professionnels des services à la personne ou de la mobilité, de responsables associatifs, de services administratifs, d'opérateurs de transport ayant réalisé des études de marché. Ces « personnes- ressources», porteurs d'un point de vue global, peuvent être en mesure de produire des données quantifiées.
Les besoins ressentis sont exprimés par la population, les usagers ou leurs représentants, notamment les élus et les associations d'usagers. Il témoigne d'un avis, d'une vision, d'un ressenti ou d'une expérience personnelle.
La combinaison des deux approches permet, en croisant les regards, d'adopter une vision assez proche de la réalité des besoins.
Aider à la prise de décision, identifier et associer les partenaires pour une démarche partagée et concertée.

Une analyse des besoins constitue une étape dans la construction d'un projet opérationnel. Elle doit permettre au maître d'ouvrage de faire des choix et de définir des positions. L'analyse de besoins ne se résume pas un travail de recensement, c'est un outil d'aide à la décision. Cette fonction implique que l'analyse de besoins soit bien connectée à l'ensemble de la chaîne de décision, au risque de biaiser les résultats obtenus du fait d'une méconnaissance des stratégies et des moyens que les décideurs ou des partenaires financiers sont en mesure de mobiliser.
L'association de certains acteurs à l'élaboration de la méthode et à la prise de décision, permet de s'assurer de la conformité de l'analyse des besoins avec les exigences de la conduite d'un projet plus global dans lequel elle s'insère. Elle permet également de construire une connaissance commune du territoire, une analyse partagée de l'offre existante et de ses insuffisances. En associant, dès l'élaboration, les acteurs concernés par la réalisation du projet, ceux-ci seront plus à même de le porter et de le transposer à leur échelle de compétence. Par ailleurs, la pratique de la concertation permet d'obtenir des informations « à la bonne échelle », de structurer un réseau de partenaires et de créer une dynamique locale, anticipant sur la phase de réalisation du projet.
  • Associer les partenaires en fonction de leurs compétences. D'une part les partenaires de la réflexion. D'autre part ceux de la décision, qui sont susceptibles d'intervenir dans la phase de mise en oeuvre du projet, soit parce qu'ils en ont la compétence, soit parce qu'ils seront amenés à le financer, soit parce qu'ils définissent des normes encadrant le futur projet.
  • Les conseils généraux. En tant qu'autorités organisatrices des transports départementaux, ils sont compétents pour modifier, créer ou supprimer les lignes de transport public régulier et à la demande en milieu rural, voire périurbain, en dehors des périmètres de transport urbain. Ils sont également responsables de la localisation des arrêts, de la fréquence et des horaires de passage. Il est donc nécessaire de les associer à toute démarche de réflexion sur la mobilité dans les zones peu denses. D'autre part, les compétences qu'ils ont en matière d'insertion et d'assistance, peuvent les amener à intervenir dans le champ d'une mobilité plus ciblée, organisée autour de publics spécifiques.
  • Les conseils régionaux. Compétents en matière d'aménagement du territoire, de développement territorial, ils interviennent dans le champ de l'accès aux services sur leur territoire. Par ailleurs, en tant qu'autorité organisatrice de transports régionaux, elles sont compétentes pour traiter des questions relatives à l'accès aux gares ferroviaires de TER et de certaines lignes d'autocars.
  • Les communautés de communes. Elles peuvent dans certains cas se substituer au département pour l'organisation des transports sur leur périmètre et devenir des AOT de second rang après délégation de cette compétence par le conseil général.
  • Les autorités organisatrices de transport urbain (AOTU). Compétentes pour l'organisation des transports urbains à l'intérieur du périmètre de transport urbain, elles peuvent être amenées à mettre en place des systèmes de transport à la demande (TAD).
  • Les opérateurs de services. Qu'il s'agisse de structures publiques, parapubliques ou privées (ANPE, CCAS, MSA, associations sportives, culturelles, EDF, etc.), elles délivrent des services publics. C'est pourquoi il est important de les associer en amont de la démarche d'analyse des besoins.
  • Les exploitants des réseaux de transport public. Entreprises privées, sociétés d'économie mixte ou régies, ils exploitent les réseaux de transport public organisé par les différentes AOT. Ils peuvent être des interlocuteurs locaux privilégiés et favoriser les contacts avec les AOT.
  • Les pays. Lorsqu'ils sont structurés à l'échelle du bassin de vie, ils peuvent fournir des données pertinentes pour comprendre les problématiques locales d'accès aux services (identification des pôles d'attraction, observation des flux, problèmes de mobilité rencontrés). Ils peuvent être envisagés comme un échelon d'analyse intermédiaire et être associés voire même être à l'initiative de la réflexion sur la construction d'une offre.
  • Les associations locales. Elles sont de véritables sources d'information concernant les pratiques des usagers, les problèmes rencontrés, qu'elles interviennent en tant que prestataires de services à la population, représentantes des intérêts de certaines catégories d'usagers, ou qu'elles proposent des services pour améliorer la mobilité et l'accès aux services.
  • Les opérateurs de transport. Les artisans taxis, les sociétés d'autocars, voire la SNCF, du fait de leur contact direct avec la population et la demande, sont des interlocuteurs intéressants.
  • Les entreprises. Génératrice de flux et parfois mobilisées sur l'organisation de plans internes de déplacements, il peut être intéressant de les associer à la réflexion. Il appartient de trouver la forme d'association qui semble la mieux adaptée au partage de la démarche et à la pratique de la concertation au sein du pilotage (présence au sein du comité de pilotage, participation à un groupe de travail, entretiens, forum, etc.).



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